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- Les débuts en
France
- L'arrivée
à
Tokyo
- La rencontre avec
Morihiro Saito et les premiers
jours à Iwama
- La compréhension de l'entrainement privilégié d'une Uchi-Deshi
2 - L'arrivée à Tokyo
Par un bel après-midi de septembre aux alentours de 14 heures,
le Boeing 747 de la Corean Airlines atterrissait à
l’aéroport de Narita de TOKYO.
Après un vol superbe où, en 1985 à l’époque
de la guerre froide entre l’union soviétique et les USA, l’avion
survola le Pôle Nord via Ancorège en Alaska où il
fit une escale puis Séoul en Corée pour finir son vol
à Tokyo après 18h de vol avec escale.
Tous les passagers furent pris en charge par un bus pour les emmener
dans l’enceinte de l’aéroport pour les formalités
d’usage.
Après avoir pris possession de mes bagages, je me dirigeais vers
le service de douane afin de présenter mes pièces
d’identité relative à la bonne marche de ma sortie de
douane où je dois l’avouer dans un ordre parfait et d’une
propreté exemplaire les passagers furent dirigés dans les
différents points d’accueil dans une politesse que je dirais
presque sournoise qui devenait un ordre poli.
Une fois les démarches accomplies, je me dirigeais avec mon
chariot rempli de mes bagages personnels en direction de la station de
taxi la plus proche.
Tout en s’approchant du taxi, le chauffeur me sourit et avec des
gestes précis qui m’orientèrent vers le coffre de sa
voiture pour déposer mes bagages et, à ma grande
surprise, le coffre s’ouvrit tout seul. Ensuite, je me dirigeais vers
la portière pour prendre place. Je fus encore
étonnée de voir la portière s’ouvrir, puis se
refermer sans que je sois sollicitée à intervenir.
Voyant ma stupéfaction, il sourit et me dit quelque chose que je
ne compris pas vraiment et fit mine de très bien comprendre par
un hochement de tête suivit d’un soupir accompagné d’un
sourire.
Je lui dis avec assurance : « Tokyo center,
please ».
Il me regarda l’air étonné et moi aussi et je lui
répétais : « yes, Tokyo
please ».
Avec ses yeux tirés cherchant à comprendre qui rendaient
le personnage un peu plus antipathique, il me répondit :
« TOKYO, TOKYO, TOKYO, tout en sortant une carte
routière en m’invitant à la regarder avec lui.
J’ai cru à un gag et tout en regardant la carte dans un moment
d’hésitation, je compris que TOKYO était
représenté sur la carte par une tache rouge et,
suivant mon intuition, je lui montrais l’endroit.
Il sourit, ce qui me rassura car il commençait à avoir
une attitude inquiétante de ne pas pouvoir me comprendre :
« TÔÔÔKYYÔÔ me disait-il
» : je compris que mon accent du midi et ma prononciation
allaient me jouer des tours dans les prochains jours.
Après une bonne heure de trajet, je découvris la rigueur
disciplinaire nippone sur la conduite où les Germaniques
auraient des leçons à prendre.
J’appréciai le dépaysement dans ce JAPON où les
voitures dans un état impeccable roulent à gauche dans un
ordre parfait dans une grande courtoisie, où se mélange
circulation et paysage nippon et discipline souriante instinctuelle.
Arrivé à TÔÔÔKYYÔ il me parla en
anglais comme durant tout le trajet, où je ne comprenais rien,
et toujours dans la déduction, je sortis un bout de papier
où figurait l’adresse du journaliste, monsieur S. P.
Quelle chance qu’il sache lire l’Anglais ! (et moi ne sachant ni
lire ni parler une langue étrangère, me disais-je !)
Il s’arrêta à un carrefour et alla vers une guitoune et je
compris par la suite que des agents de police se trouvaient en faction
et il en profita pour leur demander où se trouvait cette adresse.
Par chance on ne se trouvait pas très loin de l’endroit car il
m’avait emmené dans le centre ville où il me conduit
pratiquement devant la porte.
Lorsque nous arrivâmes, il me montra la somme à payer
inscrite sur le compteur et j’ai failli prendre peur tellement il y
avait de zéros !
Cela faisait aux alentours de 150 euros qui pour l’époque en
1985 représentaient une somme considérable pour une
course de taxi de 50 à 60 kilomètres.
Enfin je réglais mon dû, lui laissait un pourboire et
partis avec mes bagages qu’il me remit aimablement tout en lui
demandant où se trouvait une cabine téléphonique
qu’il me montra non loin de là.
« Allo! Allo ! bonjour Monsieur, je suis Patricia
Guerri, la personne qui vous a écrit pour avoir des
renseignements sur la pratique de l’Aikido.»
Il me répondit : « Oui, que voulez-vous ? », et
je lui dis : « et bien, je suis en bas de chez vous et
je voudrais m’entretenir pour de plus amples informations afin de
pouvoir m’orienter dans ce pays que je ne connais pas !»
Surpris : il me dit « Venez, je vous attends.»
Quelle chance ! tout se passe bien me disais-je.
Arrivée devant la porte après avoir trouvé son
nom, je sonnais et l’interphone m’interpelle. Après avoir
décliné mon identité, le portail s’ouvrit
direction le deuxième étage et apparut un homme de 1m90
environ de bonne allure, qui me dit bonjour dans un Français
impeccable.
Il m’invita à entrer puis à m’installer en me
sollicitant à prendre un café ou un thé et je
répondis gracieusement : « un café s’il
vous plait, merci ! ».
Dans le salon où je fus reçu, une
télévision diffusait de l’Aikido et je compris par la
suite que c’était une cassette de film qu’il produisait.
Le café était servi par une Japonaise (qui était
son épouse), et il prit place en face et commença par une
conversation tout à fait banale pour s’orienter sur des
questions plus précises de ma venue.
Je vous passe toutes ces amabilités pour en venir au but.
Il me demanda combien de temps j’avais l’intention de rester et quel
était mon but avec tous ces Sensei (Professeurs &
instructeurs) qui enseignent au JAPON avec leurs particularités,
voire leurs divergences de point de vue.
Je lui dis que je voulais rester longtemps pour approfondir mes
connaissances : il m’interpella en me demandant si j’avais de
l’argent : « oui bien sûr ! »,
« beaucoup » ? rajouta-il ? car la vie
est chère au Japon (Je m’en suis aperçu avec la note du
taxi).
«Oui, j’ai beaucoup d’argent, surenchéri-je et je
souhaiterais apprendre avec le meilleur professeur qui soit à
vos yeux et qui puisse m’héberger : pouvez-vous
m’orienter ? ».
Mon attitude d’avoir une réponse positive tomba comme une
réalité, il me regarda et me dit : « je
connais un grand maître qui à été
très longtemps élève du fondateur et qui enseigne
dans le dojo du fondateur de l’Aïkido : Morihei UESHIBA
O’SENSEI .
Mais c’est une personne pas facile et même difficile à
vivre pour les occidentaux et de surcroît caractériel ne
supportant pas très bien les personnes n’ayant pas le
comportement désiré et ne désirant pas apprendre
sérieusement pour prétendre à vouloir rester
longtemps.
« C’est parfait ! Je pourrais apprendre tous les jours tout
en étant hébergé, et puis la vie à la
campagne Japonaise, la discipline, cela me va bien » Ca
me changera des discothèques et de ma vie parisienne.
« Mais ce n’est pas si simple, me dit-il : il faut lui
téléphoner pour voir s’il veut bien vous accepter car
habituellement il faut une lettre d’introduction pour savoir le
degré d’intéressement et de motivation ».
Tout en buvant mon café, j’observais la discussion qui
s’établissait entre lui et son interlocuteur SAITO Morihiro
Sensei que je ne connaissais pas.
J’ai eu le sentiment dont parfois la conversation s’animait, puis il
raccrocha le téléphone en se tournant vers moi :
« c’est OK » me dit-il : « il est
très curieux de vous rencontrer : nous partons dans une
heure car il faut arriver avant le cours de 19 heures.
J’étais ravie : mon intention commençait à se
réaliser. Le temps de finir mon café tout en regardant la
vidéo où s’animaient diverses démonstrations, nous
partîmes pour IWAMA, préfecture de l’IBARAKI KEN.
J’ai su par la suite, lors de leur conversation animée, qu’il ne
souhaitait pas recevoir des curieux, sortes d’AIKI-touristes,
néo-mystico gélatineux, c’est alors que monsieur S.P lui
dit : « Alors, je lui dis de repartir car elle est chez
moi en ce moment »?
Devant cette décision lourde à prendre, me laissant toute
seule dans cette capitale nipponne, il décida en tout âme
et conscience de me recevoir pour décider ensuite.
Une fois partis du domicile de monsieur S.P, nous nous dirigeâmes
vers une station de métro non loin de là, tout en le
suivant avec mes bagages encombrants, il se dirigea vers le guichet
où il demanda deux billets que je réglais.
Après quelques stations, nous arrivâmes à une gare
qui desservait la préfecture d’IBARAKI où après
avoir pris deux billets, nous prenons place dans le train qui
desservait
toutes les gares jusqu'à IWAMA.
Après deux bonnes heures de trajet à travers le paysage
nippon où le contraste était assuré par tant de
dépaysement, je découvrais et observais tout ce qui
m’entourait.
Les passagers dans une attitude quasi-sereine prenaient place dans le
train où je me trouvais et pensaient plus à dormir et se
reposer dans leur espace restreint sans pour autant s’affaler,
tant leur journée avait été difficile et
même parfois quelques-uns dormaient debout sans pour autant
oublier de descendre à la gare de leur domicile :
voilà mon premier spectacle qui s’offrait à mes yeux.
Arrivée à IWAMA, nous descendîmes à la
gare et marchions en direction du dojo à travers de petites et
grandes rues et nous finîmes par arriver devant l’entrée
du dojo où une allée boueuse semblait nous accueillir.
Tout en marchant, le sol se dérobait sous mes pieds avec mes
talons hauts dans un équilibre instable par le poids de mes
bagages qui me faisaient faire des dérapages
contrôlés.
Au bout du chemin un peu sinueux dans le fond sur la droite se dressait
une belle maison où je me dirigeais de ce pas chaotique,
désireuse et motivée de connaître et de rencontrer
mon interlocuteur : SENSEI Morihiro SAITO.
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