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  1. Les débuts en France
  2. L'arrivée à Tokyo
  3. La rencontre avec Morihiro Saito et les premiers jours à Iwama
  4. La compréhension de l'entrainement privilégié d'une Uchi-Deshi
katana

1 - Les débuts en France

Suite à de nombreuses circonstances heureuses et malheureuses qui suivirent le courant de ma vie à cette époque, je me trouvais bien seule en 1975, alors âgée de 26 ans.

Étant fille unique, je venais de perdre successivement à 5 ans d'intervalle MAMAN et PAPA parce que LE BON DIEU s'ennuyait et qu'il avait envie d'avoir de la visite.

Je préfère ne pas trop m'étaler sur cette période néfaste et aborder directement mes débuts en AIKIDO, à l'époque au sein de la FFJDA (Fédération Française de JUDO, et Disciplines Affinitaires).

Déjà comme le nom l'indiquait à cette époque cela n'était pas triste dans la compétence que le JUDO avait de développer l'AIKIDO qui faisait ses premiers pas en FRANCE dans une structure ministérielle qui avait pour vocation en son sein interne plutôt à l'étouffer, puis l'étrangler pour qu'il n'ait aucun pouvoir enfin cela finit avec une grosse mésentente avec les dirigeants du moment, où le ministère des sports a décidé par la suite que l'AIKIDO aurait l'autorisation de créer sa propre fédération afin de développer tous ces courants issus des grands SENSEI.

Que croyez vous?Que les dirigeants de l'époque aient appris la leçon de ne plus recommencer pour créer une entente entre les différents courants? Pas du tout, ils se sont entraînés auprès de la FFJDA et sont devenu monothéistes et ils ont pris la bonne habitude d'étouffer toutes les tendances issues de grands Maîtres et quelques-uns ont fini par partir comme eux l'ont fait jadis.
Personnellement, je les remercie car notre école AIKIBUKIKAI fondée sur l'essence de TAKEMUSU a désormais son indépendance que MORIHIRO SAITO SENSEI nous a léguée.

Alors qu'à cette époque, j'habitais COURBEVOIE en 1977 en bord de seine dans un petit deux pièces au 3e étage avec balcon, un petit coin bien agréable ou je voyais les bateaux et péniches passer lorsque, à l’occasion des beaux jours, je prenais le frais sur mon balcon.

Les temps paisibles qui suivirent mes journées avec mes visites, mes sorties, mes amis, mes projets dans ma tête, de-ci delà m'orientèrent à faire une activité.

Il me vint à l'idée, tant qu'à faire une activité, pourquoi ne pas faire un art martial et savoir se défendre et me renforcer dans ma tête de linotte et avoir de l'indépendance.
Et puis mes amis et mon proche entourage me disaient que c'est bien de faire du sport et de voir du monde, cela change les idées.
Je décidais dans ma timidité d'aller avec une copine dans une salle de sport la plus proche (la salle municipale multisports de Courbevoie).

Dans le hall, une multitude d'affiches comme l'on en voit dans toutes les salles municipales: (KARATE, JUDO: ils sont partout, TAEKWONDO, PISCINE, BRIDGE, ECHECS, AIKIDO, VELO) et j'en passe car les municipalités ont pour vocation entre autres de garder ces citoyens et montrer qu'elle s'occupe bien de ses électeurs après l'histoire est dans son organisation entre BARBES & NEUILLY.

J'ai donc décidé de me lancer dans les arts martiaux: c'est comme ça que j'ai appris ce que c'est.

A cette époque âgée de 26 ans et ma foi courtisée à mon plaisir au gré de l'opportunité de différentes rencontres, et après avoir vu le JUDO pour la première fois (un peu débraillés sur le tatamis) à mon goût de l' époque, le KARATE un peu sérieux et même matcho à mon avis au premier abord dans ce centre municipal de COURBEVOIE.
Restait le VIET-VO-DAO: à voir , pas très convaincant dans mon accessibilité du moment. Je finis par voir au 1er étage l'AIKIDO avec des tatamis bien mal-en-point et je compris le manque de finance de la municipalité qui devait avoir d'autres priorités à cette époque où l'on disait souvent le sport pour tous, même si toutes et tous n'en avaient que faire: cela était politiquement correct .

À la section AIKIDO un homme d'une bonne cinquantaine d'années, monsieur R. m'a reçu. Il m'accueille gentiment : "bonjour, vous désirez des renseignements ?"
"Oui, bonjour monsieur, je voudrais me renseigner sur l'AIKIDO: je voudrais faire un sport adapté à ma condition physique et qui puisse m'être utile dans la défense corporelle et dans la vie".
M. R. me répondit: "et bien essayez et regardez s'il vous plaît et si vous êtes patiente, à la fin du cours nous faisons une synthèse (jyu-waza): une sorte de combat libre et défini par une variété de mouvements.
Ah bon! lui dis-je, alors que, dans ma tête, l'idée m'est venue d'attendre la fin du cours car j'avais du temps libre, et puis je le trouvais sympathique ce Monsieur ainsi que tous les pratiquants.

Il se dégageait ici une atmosphère de bien être.
Au bout d'une heure environ, changement de mise en scène du cours, tous les acteurs participants au cours se mettent assis (en suwari waza: mot technique de l'AIKIDO) et puis s'en suivit un grand silence. C'est alors qu'un petit bonhomme entre 1,50m et 1,55m tout au plus et âgé d'une bonne trentaine d'année se déplace à genoux à une vitesse digne d'une formule 1, se met au milieu du dojo (la salle où l'on pratique l'AIKIDO), et un moment après, trois personnes surgissent du groupe des élèves pour se positionner à côté de lui. Après un hochement de tête, ils se lèvent tous d'un coup et foncent sur lui en essayant de le mettre à mal dans toutes sortes d'attaques que je ne comprenais pas du tout à cette époque. Ce sentiment me surprit: il faisait des esquives et des gestes que je ne comprenais pas, et cela pendant 3 bonnes minutes en les mettant sans arrêt à terre. Je me disais: heureusement qu'il y a des tatamis pour amortir leurs chutes et qu'ils savent tomber parce qu'autrement ils iraient tous à l'hôpital, voire pire.

Le cours finit peu de temps après cette démonstration et le professeur, M. R. vint me voir et me dit: "alors cela vous a plu ?
Oui répondis-je.
Il me donna un prospectus avec toutes les informations en ajoutant: "si vous voulez, après le cours, le club vous invite à un pot de l'amitié au bar qui se trouve au rez-de-chaussée".
J'acceptais, et après avoir passé un moment agréable, je rentrais chez moi avec plein de rêves dans ma tête et décidais rapidement d'entreprendre les formalités nécessaires à mon inscription (certificat médical et photos d'identité pour constituer mon dossier). Je revins donc les jours suivants aux horaires des cours qui étaient de 2 fois par semaine après avoir réglé ma cotisation qui était de 300fr environ pour l'année à cette époque, en plus de l'accessoire indispensable: l'achat d'un gi (à l'époque l'on disait un kimono dans ce club de COURBEVOIE ).

Voilà mon début, où le cours consistait en une multitude d'échauffements durant une bonne heure avec des chutes avant par ci, chutes arrière par là, jusqu'à en avoir mal partout dans le corps. Les premiers mouvements d'application dont je ne me souviens plus étaient imprégnés d'une complicité ou l'on devait chuter en avant ou en arrière selon la technique afin d'éviter de se blesser.

Alors cela a duré longtemps, longtemps, sous cet entraînement et puis un jour, j'ai assisté au grand stage que Maître André N.  dispensait de temps en temps.
Un huitième DAN bien portant accompagné de ses assistants: cela me motivait d'essayer d'arriver à un tel niveau : c'était très impressionnant, quelle allure ! Puis le temps de la pratique passa de-ci, de là, et je finis par passer mon 1er dan (shodan) avec enthousiasme au bout de 4 ans avec beaucoup de sueur et de remise en question.

Une fois le 1er dan obtenu, je décidais de poursuivre plus intensément mon entraînement. Mon professeur venait d'ouvrir une deuxième salle municipale à VILLEUNEUVE LA GARENNE à raison de deux fois par semaine et en plus, j'avais décidé d'aller voir le grand Maître de temps en temps car il donnait des cours à BOULOGNE en région parisienne.

Cela faisait 5 fois par semaine et me disais-je, à ce rythme-là le temps va me donner le résultat que j'escomptais dans ma tête. Je finis par avoir le 2e dan au bout de 3 ans de pratique assidue et en même temps à cette époque, mon professeur avait décidé de partir à la retraite dans l'ARIEGE, un autre professeur devait le remplacer: quelle ironie cela dépend de quel côté où l'on se place.

Parallèlement, les membres actifs du dojo m'avaient nommée vice-présidente de l'association du dojo de VILLENEUVE LA GARENNE et l'on avait souvent des discussions sur des légendes plus ou moins fantaisistes sur la réalité de l'AIKIDO, son efficacité, lui attribuant même des pouvoirs surnaturels que peut-être quelques grands SENSEI auraient gardé pour des raisons personnelles au JAPON. Cela a attiré ma curiosité et disposant d'une réserve d'argent léguée par feu mes parents me permettant de subvenir à mes besoins quotidiens, je décidais de mener ma propre enquête.

J'ai eu l'opportunité de rencontrer lors d'un stage une personne de très haut niveau au sein du groupe de Maître André N. qui pendant ses escales au JAPON (car il était pilote d'avion) avait eu l'occasion de rencontrer O' SENSEI UESHIBA, et tout en discutant à la cafétéria du coin lors de la pose du stage à midi, il estimait pendant ces conversations qu'à sa connaissance aujourd'hui le plus grand technicien était MORIHIRO SAITO.
Je lui ai demandé : "vous le connaissez?"
Lui : "bien sûr",
alors disais-je, "si je décide d'aller au JAPON, pourriez-vous me mettre en relation ? cela me plairait bien de passer un séjour là-bas".
Il me répondit : "ce n'est pas une vie pour vous, vous êtes trop jolie, et puis la vie est dure, et l'on ne reçoit que par lettre de motivation pour des cas particuliers".
Je lui répondis: "c'est mon cas".
Il ne me répondit plus, tout en continuant à parler d'AIKIDO avec d'autres élèves proche de son entourage. J'étais un peu frustrée qu'il me prenne à la légère. Je finis mon stage l'après-midi en redoublant d'intensité montrant ma motivation et ma détermination puis vint la fin du stage.
Avant de partir je suis allée vers lui pour le remercier de son excellent cours à mes yeux, tout en lui répétant: "SVP donnez- moi une adresse où je puisse continuer à projeter mon désir d'aller au JAPON pratiquer l'AIKIDO".

Comme pour se débarrasser de moi, il me donna l'adresse d'un journaliste vivant au JAPON, monsieur S. P.,  pratiquant et expert connaissant tous les grands Maîtres vivant au JAPON me dit-il. C'était une chance d'avoir eut un contact, une adresse ! Les jours qui suivirent s'écoulèrent très vite, et je lui ai envoyé une lettre dont j'ai eu la réponse trois semaines plus tard environ me spécifiant qu'au JAPON l'ont pouvait faire de l'AIKIDO tous les jours avec toutes sortes de SENSEI et que c'était à moi de définir mon orientation.

Ensuite je faisais part de mon désir de partir dans mon entourage ainsi que dans mon club de COURBEVOIE: alors là j'en passe et des meilleures: "ça ne va pas"?, un autre: "tu es complètement à côté de la réalité", et puis un tel me disait: "tu crois que tu vas réussir"? et puis bla, bla, bla et puis trouve-toi un beau mec, etc. .

Je décidais donc un matin de prendre un billet d'avion à la COREAN AIR LINES aller-retour valable 1 an, puis en suivant de faire ma valise car plus rien ne me retenait puisque dans ma tête, j'avais une adresse, de l'argent et puis j'avais envie de partir et de tout laisser tomber.

Je partis le 3 septembre 1985 à 17h, heure française.

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  2. L'arrivée à Tokyo
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